Alpha, bêta, oméga : faut-il repenser la hiérarchie des meutes dans le Puppy Play ?
Alpha, bêta, oméga. Dans le Puppy Play, ces mots semblent presque aller de soi. Nous jouons avec l’imaginaire canin, nous parlons de meutes, alors nous avons naturellement adopté le vocabulaire que nous pensions être celui des meutes de loups.
L’alpha dirige. Le bêta vient derrière lui. L’oméga ferme la marche. Chacun aurait sa place dans une hiérarchie relativement claire.
Seulement voilà : le modèle animal sur lequel repose cette représentation n’est plus vraiment celui que décrit aujourd’hui l’éthologie.
Et là où cela devient intéressant, c’est que notre communauté a continué à faire vivre ces mots. Nous leur avons attribué nos propres significations, parfois assez éloignées de leur origine supposée. Certains puppies se définissent eux-mêmes comme alpha, bêta ou oméga. Certains associent ces termes à la dominance et à la soumission. D’autres les associent même, directement ou indirectement, à des préférences sexuelles.
Alors plutôt que de décréter que tout cela serait « faux », j’aimerais poser une autre question.
Si notre représentation des loups a évolué, pourquoi notre manière de penser la meute humaine ne pourrait-elle pas évoluer elle aussi ?
D’où vient l’idée du loup alpha ?
L’image est profondément installée dans la culture populaire : une meute serait organisée autour d’un mâle alpha ayant conquis sa position par sa force et imposant son autorité aux individus placés sous lui.
Cette représentation n’est pas sortie de nulle part. Elle est notamment liée aux premières études comportementales réalisées sur des loups captifs. Le problème est que ces groupes pouvaient réunir artificiellement des animaux sans liens familiaux, placés ensemble dans un espace restreint. Les comportements observés dans ces conditions ont ensuite participé à la construction d’un modèle général de la hiérarchie lupine.
Le biologiste américain L. David Mech, l’un des grands spécialistes mondiaux du loup, a lui-même utilisé cette terminologie avant de contribuer à sa remise en question. Dans son article scientifique de 1999, Alpha Status, Dominance, and Division of Labor in Wolf Packs, il rappelle précisément que l’essentiel des anciennes recherches sur la dynamique sociale des loups reposait sur des assemblages non naturels d’animaux captifs. Ses observations de loups sauvages l’amènent à décrire une réalité sensiblement différente. L’article est consultable auprès de l’U.S. Geological Survey.
Une meute sauvage typique est d’abord… une famille.
Dans la nature, l’alpha est surtout papa ou maman
Une meute de loups sauvages est généralement constituée d’un couple reproducteur et de ses descendants de différentes générations. Les individus que l’on appelait autrefois « mâle alpha » et « femelle alpha » sont donc généralement les parents.
L’International Wolf Center explique pour cette raison que les biologistes préfèrent aujourd’hui parler de breeding male, breeding female, breeding pair, ou tout simplement des parents.
La nuance est considérable.
Le père de famille n’a pas nécessairement remporté un tournoi pour devenir « alpha » devant ses enfants. Il est dans cette position parce que la structure sociale de la meute est en grande partie familiale.
Cela ne signifie évidemment pas que la dominance ait disparu chez les loups, ni qu’aucune relation hiérarchique n’existe. Ce serait remplacer une caricature par une autre. Cela signifie plutôt que la représentation d’une meute comme une pyramide d’individus adultes constamment engagés dans une lutte pour prendre la première place décrit mal la structure habituelle d’une meute sauvage.
L’International Wolf Center conserve d’ailleurs « alpha » dans son glossaire pour expliquer l’ancien vocabulaire, tout en précisant qu’il a été remplacé pour les meutes sauvages par « breeding pair », « breeders » ou simplement « parents ».
L’alpha n’a pas vraiment disparu du loup. C’est surtout notre histoire sur l’alpha qui s’est révélée trop simple.
Plus intéressant encore : le leadership peut être partagé
Une deuxième observation me paraît particulièrement intéressante pour notre réflexion sur le Puppy Play.
Dans une étude spécifiquement consacrée au leadership des loups sauvages, publiée en 2000, Mech observe que le mâle reproducteur tend davantage à initier certaines activités liées aux déplacements, à la recherche et à l’apport de nourriture, tandis que la femelle reproductrice intervient davantage dans les soins et la protection des petits.
Mais les fonctions se chevauchent suffisamment pour que Mech décrive le leadership comme pouvant être une fonction conjointe. L’étude est référencée par l’U.S. Geological Survey.
Autrement dit, même lorsqu’il existe une direction du groupe, cela ne signifie pas nécessairement qu’un individu décide de tout.
Il peut exister des responsabilités différentes, des domaines dans lesquels l’un prend davantage l’initiative que l’autre, et une coopération entre plusieurs figures importantes.
Et finalement, cette vision me paraît beaucoup plus intéressante à transposer dans une communauté humaine que celle du chef omnipotent perché au sommet de sa pyramide.
Le Puppy Play a donc emprunté un modèle qui était déjà discutable
Il faut néanmoins être prudent sur la chronologie : il serait difficile de démontrer que toute la communauté Puppy Play aurait directement lu telle étude sur les loups puis construit ses pratiques à partir d’elle.
Ce que l’on peut constater, en revanche, c’est que le Puppy Play s’est développé dans une culture où l’image populaire de la meute hiérarchisée en alpha, bêta et oméga était déjà largement disponible. Les travaux de Jamie Lawson et Darren Langdridge consacrés à l’histoire, à la culture et aux pratiques du Puppy Play décrivent d’ailleurs le Puppy Play comme une véritable sous-culture, qui emprunte et transforme différents codes pour construire ses propres pratiques.
Et c’est exactement ce que nous avons fait avec la meute.
Nous avons repris des mots issus d’une certaine représentation du comportement animal, puis nous les avons transformés en catégories humaines.
Ce n’est pas forcément un problème.
Après tout, personne ne demande à un puppy de respecter scientifiquement l’intégralité du comportement de Canis lupus. Le Puppy Play est un jeu de rôle, une pratique, une identité communautaire pour certains, un espace social pour d’autres. Une enquête publiée en 2022 dans Archives of Sexual Behavior, portant sur 733 participants, montre justement l’importance des dimensions sociales et identitaires du Pup Play. On peut consulter cette étude en accès libre.
Nos mots n’ont donc pas besoin d’être biologiquement exacts pour avoir une utilité culturelle.
En revanche, il devient beaucoup plus discutable d’utiliser la nature pour justifier nos hiérarchies humaines lorsque la nature en question ne fonctionne pas réellement comme nous le racontons.
Alpha, bêta et oméga ont désormais leur propre vie dans le Puppy Play
Les définitions communautaires montrent assez bien à quel point nous nous sommes éloignés d’une simple description zoologique.
Sur certaines ressources Puppy Play, le bêta est présenté comme quelqu’un possédant à la fois des tendances dominantes et soumises ou une orientation vers le service, tandis que l’oméga est décrit comme davantage soumis, passif, joueur et orienté vers le service.
Ce vocabulaire mélange déjà plusieurs choses : rang dans le groupe, tempérament, dominance BDSM, soumission, comportement social.
Et c’est précisément là que je pense qu’il faut remettre un peu d’ordre.
Parce qu’un rôle hiérarchique répond à une question : quelle est ma place et ma fonction dans ce groupe ?
La dominance BDSM en pose une autre : quelle autorité est consentie dans cette relation ?
Et la préférence sexuelle en pose encore une autre : qu’est-ce que j’aime faire sexuellement ?
Ces trois questions peuvent produire trois réponses totalement différentes.
Être alpha ne signifie pas être dominant sexuellement
C’est une confusion que je trouve particulièrement étrange et pourtant très courante.
Un alpha peut préférer être pénétré. Un bêta peut être exclusivement actif. Un oméga peut être versatile. Un puppy occupant une position importante dans une meute peut être soumis dans une relation BDSM particulière, et quelqu’un occupant une position inférieure dans une organisation de groupe peut parfaitement être dominant sexuellement avec ses partenaires.
Il n’y a là aucune contradiction.
La pénétration ne constitue pas une échelle hiérarchique. C’est une pratique sexuelle. De la même manière que le shibari, l’impact ou une autre pratique peuvent devenir des outils à l’intérieur d’une dynamique de pouvoir sans déterminer, par eux-mêmes, qui possède l’autorité.
Une position sexuelle ne constitue pas un organigramme.
Cette distinction mérite un développement entier et je l’aborde plus précisément dans l’article consacré à la confusion entre actif, passif, dominant et soumis. Mais elle est indispensable ici : si nous voulons donner un sens utile à alpha, bêta et oméga, commençons par ne pas leur faire dire quelque chose qu’ils n’ont aucune raison de dire.
Alors, qu’est-ce qu’un alpha dans une meute humaine ?
Si nous acceptons que nous ne sommes plus en train de décrire scientifiquement des loups, nous pouvons enfin poser une question beaucoup plus intéressante : qu’est-ce que nous voulons que le mot alpha signifie chez nous ?
Personnellement, je ne suis pas très convaincu par l’alpha qui doit annoncer constamment qu’il est alpha.
Dans un groupe, certaines personnes deviennent naturellement des points de référence. On va spontanément leur demander conseil. On les cherche lorsqu’un problème apparaît. On leur demande de trancher ou d’apaiser un conflit. Leur présence rassure. Leur avis compte sans qu’elles aient nécessairement besoin de rappeler leur titre toutes les cinq minutes.
Cette autorité-là me paraît beaucoup plus intéressante parce qu’elle repose sur quelque chose de fondamental : la légitimité.
Et la légitimité ne vient pas simplement de la capacité à prendre des décisions.
N’importe qui peut prendre une décision. Une décision irréfléchie, immature ou prise exclusivement dans son propre intérêt reste une décision.
Diriger demande davantage.
Je placerais notamment derrière cette légitimité de la maturité, de l’expérience sans nécessairement en faire une question d’âge, une capacité de réflexion, une certaine forme de charisme, de la cohérence, de l’honnêteté et surtout une disposition à assumer les conséquences des décisions prises.
Il y a, à mes yeux, quelque chose qui relève presque du devoir moral.
Décider pour les autres ne donne pas davantage de droits. Cela donne davantage de responsabilités.
Un alpha peut se tromper
Évidemment.
L’erreur est humaine, et exiger l’infaillibilité d’une personne parce qu’elle occupe une position de leadership serait aussi absurde que dangereux. Quelqu’un peut prendre une mauvaise décision tout en restant parfaitement légitime.
La question intéressante vient après l’erreur.
Est-il capable de reconnaître qu’il s’est trompé ? Assume-t-il les conséquences ? Cherche-t-il une solution ? Est-il capable de corriger la trajectoire avec suffisamment de finesse pour obtenir malgré tout une issue favorable ? Et s’il ne possède pas lui-même la solution, sait-il écouter celle proposée par quelqu’un d’autre ?
Une personne qui se trompe rarement et reconnaît simplement son erreur sans savoir immédiatement la réparer ne perd évidemment pas toute légitimité. Une personne qui agit beaucoup, donc se trompe davantage, mais sait remarquablement ajuster ses décisions peut également rester un excellent leader.
Ce qui me semble beaucoup plus problématique est autre chose : l’incapacité chronique à assumer.
Celui qui ment, dissimule, attribue systématiquement ses propres fautes aux autres ou utilise sa position pour éviter toute remise en question ne démontre plus beaucoup des qualités qui justifiaient qu’on lui confie cette autorité.
On ne devient peut-être pas alpha en l’écrivant sur son profil
C’est probablement l’une des différences importantes entre identité personnelle et fonction sociale.
Dans les usages actuels du Puppy Play, chacun peut évidemment se définir comme alpha, bêta ou oméga. Ces termes peuvent participer à une identité, exprimer une aspiration ou simplement indiquer le type de dynamique que l’on recherche.
Quelqu’un peut par exemple avoir profondément envie d’être bêta ou oméga parce qu’il souhaite pouvoir se placer en position de vulnérabilité, être guidé ou trouver auprès des autres une forme de protection. Ce désir est parfaitement légitime.
Mais il peut exister une différence entre le rôle que je désire et la fonction que les autres me reconnaissent spontanément.
Quelqu’un peut se définir comme oméga tout en ayant suffisamment de charisme, de maturité et de capacité à résoudre les problèmes pour que tout le monde se tourne constamment vers lui. Il pourra afficher l’étiquette qu’il souhaite ; socialement, le groupe risque malgré tout de continuer à le traiter comme une figure de référence.
Inversement, écrire « Alpha » dans une bio ne suffit pas à provoquer spontanément la confiance des autres.
On peut choisir une étiquette. On ne peut pas ordonner aux autres de nous reconnaître une légitimité.
Mais le groupe peut aussi choisir un mauvais alpha
Attention cependant à ne pas transformer la reconnaissance collective en preuve absolue de compétence.
Un groupe peut parfaitement se tromper.
On le voit dans toutes sortes de petites communautés, BDSM ou non : une personnalité charismatique rassemble, devient progressivement le centre des décisions et finit par conduire tout le monde droit dans le mur. Les conflits s’accumulent, les erreurs aussi, jusqu’à ce que le groupe se fracture.
Cela ne signifie pas nécessairement que cette personne n’a jamais été le leader du groupe. Si tout le monde lui reconnaissait effectivement cette fonction, elle possédait une forme de légitimité sociale.
Simplement, légitime ne signifie pas infaillible, et reconnu ne signifie pas compétent.
La responsabilité appartient alors également aux membres du groupe : constater que l’organisation ne fonctionne plus, remettre en question leur propre choix et agir en conséquence.
Parce qu’une hiérarchie saine ne transforme pas ceux qui délèguent une partie de leur pouvoir en spectateurs dépourvus de responsabilité.
Et le bêta, alors ?
Si l’on conserve ces termes, le bêta mérite mieux que la définition un peu pauvre de « celui qui n’a pas réussi à être alpha ».
Dans la conception que je propose, il est hiérarchiquement placé sous l’alpha, mais il possède une véritable fonction dans le groupe.
Il peut suppléer l’alpha lorsque celui-ci est absent. Mais ce serait une erreur d’en faire simplement un remplaçant attendant son tour sur le banc de touche.
Lorsque l’alpha est présent, le bêta continue d’exister.
Il peut soutenir la structure, transmettre, accompagner, participer aux décisions ou remplir des fonctions différentes et complémentaires. Et finalement, ce modèle de fonctions complémentaires rejoint de manière assez amusante ce que l’éthologie moderne observe davantage chez les loups sauvages : le leadership n’est pas nécessairement une ressource indivisible que seul celui situé tout en haut pourrait exercer.
La hiérarchie peut exister sans rendre inutiles tous ceux qui ne sont pas au sommet.
Et l’oméga ? C’est là que les choses deviennent plus fragiles
Le terme oméga est probablement celui dont je me méfierais le plus si nous cherchons une justification zoologique précise.
L’International Wolf Center définit historiquement l’oméga comme l’individu de rang le plus faible dans l’ordre social, mais apporte immédiatement une nuance essentielle : une meute naturelle peut ne pas avoir un unique « loup oméga ». Certains individus de rang inférieur, notamment de jeunes loups arrivant à maturité sexuelle, peuvent d’ailleurs finir par se disperser.
Dans le Puppy Play, le mot a pris une autre coloration. Certaines définitions communautaires l’associent fortement à la soumission, au service, à la passivité et au désir d’être guidé ou pris en charge.
Cela peut constituer une identité parfaitement valable.
Mais nous ne parlons alors plus vraiment d’un rang zoologique. Nous parlons d’une construction communautaire humaine.
Et une question apparaît lorsqu’on applique alpha, bêta et oméga à une relation de seulement deux personnes.
Si ces mots désignent réellement des positions relatives dans une hiérarchie de groupe, que signifie exactement « oméga » lorsqu’il n’existe aucun groupe entre l’alpha et lui ?
Dans une dyade, parler d’alpha et d’oméga peut évidemment exprimer une esthétique relationnelle ou une intensité particulière de soumission. Mais il devient beaucoup plus difficile de prétendre que l’on décrit encore une organisation de meute.
On a changé de registre sans nécessairement s’en apercevoir.
Parfois, les mots de la meute cachent autre chose
C’est ici que cette question de vocabulaire rejoint une réflexion beaucoup plus large.
Deux personnes peuvent se présenter comme alpha et bêta, Handler et puppy, Master et soumis. Et parfois ces mots décrivent parfaitement leur relation.
Mais parfois aussi, ils permettent d’éviter un autre mot : couple.
Parce que « nous sommes alpha et bêta » peut paraître moins engageant que « nous sommes en couple ». Parce qu’un vocabulaire BDSM ou puppy permet de conserver l’impression d’une relation particulière, libre de certains codes traditionnels, alors même que les comportements deviennent ceux d’une relation affective privilégiée : attentes réciproques, préférence relationnelle, projection dans le temps, jalousie parfois, besoin de présence, sécurité émotionnelle.
Ce n’est pas nécessairement problématique.
Mais cela peut le devenir lorsque les mots utilisés empêchent les deux personnes de reconnaître ce qu’elles sont réellement en train de construire.
Ce sera précisément l’objet d’un autre article de cette série : à partir de quand une relation BDSM devient-elle une relation de couple ?
Faut-il alors abandonner alpha, bêta et oméga ?
Je ne le pense pas.
Ces mots appartiennent désormais à notre culture. Ils sont compris, utilisés, appropriés et réinterprétés par des milliers de personnes. Leur demander de disparaître au motif que les loups sauvages n’ont pas lu notre organigramme serait assez vain.
En revanche, je pense que nous pouvons faire quelque chose de beaucoup plus intéressant : faire évoluer leur définition.
Nous savons désormais que l’ancien modèle du loup alpha dominant une coalition d’adultes constamment en compétition décrivait mal la meute sauvage typique. Nous savons que les meutes naturelles fonctionnent généralement comme des familles. Nous savons également que le leadership peut être partagé et dépendre des fonctions exercées.
Alors peut-être pouvons-nous conserver notre vocabulaire tout en abandonnant sa caricature.
- Alpha : une figure de leadership reconnue par le groupe, dont l’autorité repose moins sur la force ou l’autoproclamation que sur la confiance, la maturité, la cohérence, la capacité à décider, à protéger, à arbitrer et à assumer.
- Bêta : une position hiérarchiquement secondaire mais possédant une fonction propre, complémentaire à celle de l’alpha, capable notamment d’assurer la continuité lorsque celui-ci est absent sans devenir inutile lorsqu’il est présent.
- Oméga : une position communautaire exprimant davantage le désir d’une place basse dans la hiérarchie, de vulnérabilité, de service ou de prise en charge ; avec la prudence nécessaire puisque cette définition appartient beaucoup plus à nos constructions culturelles qu’à une description actuelle et universelle des meutes sauvages.
Ce sont des propositions de définition. Pas une vérité scientifique cachée qu’il suffirait enfin de révéler.
Et cette nuance est importante.
Peut-être pouvons-nous apprendre quelque chose de notre erreur sur les loups
Finalement, je trouve assez belle l’évolution de cette histoire.
Nous avons regardé les loups et cru voir une pyramide. Nous avons pris cette pyramide, l’avons transformée en imaginaire collectif, puis avons appliqué ses mots à nos propres relations.
En retournant observer les loups plus attentivement, les chercheurs ont découvert quelque chose de beaucoup plus nuancé : des familles, des fonctions complémentaires, du leadership, de la coopération, de la dominance aussi, mais pas cette guerre permanente pour le trône que notre culture avait fini par retenir.
Nous n’avons pas besoin de devenir des loups plus scientifiquement exacts.
Mais nous pouvons peut-être profiter de cette correction pour regarder nos propres meutes autrement.
Être alpha ne devrait peut-être pas signifier avoir tous les droits.
Peut-être devrait-il surtout signifier accepter davantage de responsabilités.
Et là, curieusement, en abandonnant une partie du mythe du loup alpha, nous obtenons peut-être une définition beaucoup plus intéressante du leader humain.
